“tant que les lions n’auront pas leur propre historien,
les histoires de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur”.

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Où est donc passé le plan B de l’opposition congolaise?
Auteur: DJESS Dia moungouansi
 



« Le Chevalier inexistant » est un conte philosophique d’Italo Calvino, fou, délirant, où un des chevaliers de l'armée du grand roi Charlemagne, Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes, épris de discipline, excellent paladin, formidable guerrier, extraordinaire homme pour parler aux femmes...
mais c’est un leurre. Quand son armure blanche qui lui tient lieu de corps tombe, l’illusion se dissipe, car elle est vide. Ca ne nous rappelle rien ?
Même si personne n’ose le dire, le problème de l’opposition congolaise se résume dans l'absurdité de cette histoire de chevalerie.

Notre chère opposition, engluée dans une espèce d’incapacité à créer un véritable rapport de force face à un pouvoir autiste, s’était bornée dans des formules incantatoires du genre : « Si les conditions minimales d’une élection libre et transparente ne sont pas réunies, personne n’ira aux élections, même pas Sassou ». Pire encore, en adoptant une stratégie qui consiste à maintenir leur candidature tout en appelant les électeurs au boycott, je confesse mon incapacité à comprendre une telle attitude. Loin de desservir le pouvoir, cette stratégie, cautionnant involontairement cette mascarade, a été une bouée de sauvetage inespérée pour Mpila.

La presse internationale, présente à Brazzaville pour couvrir les élections, a été tout bonnement harcelée, pire leur matériel a été confisqué, certains manifestants étaient passés à tabac. Tout ceci était prévisible.
Fallait-il se résoudre à baisser les bras face à ce déferlement de violence du pouvoir ? Qu’y avait-il exactement dans le carquois de stratégies de l’opposition susceptible de créer le levier qui ferait plier le pouvoir ?

Tout le long de la campagne électorale, le message de Sassou, bien que subliminal était intelligible. Il s’est appliqué à diffuser une atmosphère de crainte dans la société avec pour finalité l’étouffement de toutes velléités contestataires. Cette atmosphère de crainte a toujours été une ressource stratégique du pouvoir, car, ce régime incapable d’inventer des politiques de développement efficaces pour le pays, se sert de cette violence comme alibi derrière lequel il se cache pour justifier la frivolité de son action gouvernementale. Quand la rue a manifesté sa désapprobation suite à la grande farce électorale du 12 juillet 2009, ses sbires ont brandi le spectre de la violence en érigeant la consolidation de la pseudo-paix en objectif prioritaire au détriment d’autres priorités au demeurant plus pressantes.

Dans ce champ de bataille post électoral, Sassou et son clan continuent de jouer une partition aisée alors que l’opposition, faute d’une démarche lisible et convergente, est complètement désemparée. Contre toute attente, on observe une ruée vers la mangeoire de Mpila, et ceux qui auraient pu incarner une véritable alternance rivalisent de médiocrité et d’amateurisme. Or, conquérir un pouvoir est forcement une question de gestion des rapports de force. Cette gestion repose, sous d’autres cieux, sur des valeurs qui fondent l’universalité de sa pratique et de son ancrage au sein de la population.

L’argument qui consiste à dire que l’on souhaite changer les choses du dedans ne prend plus. Seuls ceux qui l’avancent font encore semblant d’y croire, le reste des citoyens a été depuis longtemps édifié sur ces questions. Conséquence, on est en pleine crise de confiance entre ceux qui sont guidés par le boukoutage éhonté et la partie de l’opposition susceptible d’incarner une véritable alternance. Cette dernière subit des réguliers coups de boutoirs de la part du pouvoir au point qu’elle s’amenuise chaque jour comme une peau de chagrin. Kignoumbi Kia Mboungou et Nick Fylla sont déjà pressentis pour occuper des postes dans le futur « gouvernement d ‘union nationale ». Les ex-opposants et dinosaures comme Yhombi Opango et David Charles Ganao entendent également tirer leur épingle du jeu. Tamba-Tamba, Mberi, Moukouéké et Mpoungui dans une moindre mesure, seront différemment récompensés pour avoir réussi leur mission de déstabilisation de l’électorat de l’Upads et offrir un véritable boulevard à Sassou.

Ni « le génie du peuple congolais » tant vanté par Kinfoussia, ni la capacité de nos leaders à mobiliser la rue, ne sont venus à bout de la détermination du Roi de Mpila. Quelques jours après la pseudo-élection, la chape de plomb commence une fois de plus à s’abattre sur le Congo et le dictateur, comme toujours, ne se fera pas prier pour mettre à jour sa machine diabolique.

Qu’est ce qu’est devenu « l’appel à la désobéissance civile » prôné par le Général Ngouolondélé au cas où les élections ne se passeraient pas dans des conditions de transparence et d’égalité ? Ne serait-il pas opportun
que les leaders de la diaspora (Moungounga, Koukebene et autres) travaillent en symbiose avec ceux qui ont la maîtrise des variables du terrain ?

Mais qu’est-il donc arrivé aux Mathias NDzon, Kinfoussia, Mpoungui et autres Mandzimba? Ces messieurs n’ont ils pas encore compris que le temps de la politique polie est révolu? N’ont-ils pas entendu les cris du peuple, de la nation? Ne savent-ils pas, après tant d’années de propagation de la misère et d’effondrement des valeurs qui fondent un Etat viable, que seule une politique du bras de fer fait tomber les dictatures? Que la politesse en politique, face à un dictateur, ne valait rien? Que sans descente dans les rues, sans manifestations, sans révolution et bras de fer permanent, il n’y a point de salut? Pourquoi un tel endormissement? En définitive, quel est le plan B de l’opposition ?

L'histoire a plus d'imagination que les hommes, disait Marx. Celle du Congo est soumise aux spasmes que le pouvoir et l’opposition, à des degrés divers, nous imposent. Pendant ce temps, le peuple piaffe d’impatience et rêve sans y croire à ce que « le Chevalier inexistant » se transforme en « Robin des bois », qui lui est un habile braconnier, mais aussi défenseur des pauvres et des opprimés. Il viendrait alors détrousser les « Nouveaux riches » du «

Chemin d’avenir » et redistribuer le butin aux congolais appauvris, mais plus méritants.

Ils recouvreraient alors fierté et dignité.

Djess dia Moungouansi





 
Article publié le : 26/07/2009
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